Parlez nous de la trame narrative de cette première saison ?
Raphaël Lenglet : Les Bleus s'appuie sur une intrigue mi-"feuilletonnante", mi-"unitaire" puique M6 désirait que la série puisse être rediffusée aussi bien dans l'ordre que dans le désordre. Chaque personnage suit une vraie évolution. Par exemple, lorsque Nadia (jouée par Gabrièle Valensi) a une relation extra-conjugale avec le commissaire Santamaria (joué par Patrick Catalifo), elle devra en subir les conséquences. La série répond donc à des impératifs liés aux feuilletons, mais qui se sont décidés au moment du tournage. A l'origine, la série reposait uniquement sur des enquêtes, différentes pour chaque épisode. C'est sur le tournage que les scénaristes ont choisi de poursuivre certains aspects d'épisode en épisode. Il n'y a donc pas d'"arc" (ndlr : intrigue interne à une saison)propre à la série mais à chacun des personnages.
Des ajustements ont-ils été effectués par rapport au pilote ?
Gabrièle Valensi : Pour ma part, mon rôle n'était pas très développé dans le pilote par rapport à celui de Raphaël ou celui d'Elodie.
Raphaël Lenglet : Par exemple, le personnage de Nicolas n'était pas censé être homosexuel dans le pilote. Cette idée est venue suite à la coupe d'une scène. A l'origine Elodie et Nicolas finissaient ensemble à la fin du pilote, les scénaristes ont vu dans la suppression de cette scène l'opportunité d'exploiter l'aura mystérieuse que Nicolas avait construit autour de son personnage, pour en faire un homosexuel. D'autre part, au niveau du format, on est passé d'un 90 à un 52 minutes, soit des intrigues plus courtes donc rythme plus vif.
Avez-vous ressenti de la pression après le succès du pilote ?
Gabrièle Valensi : On avait juste la pression de faire du bon travail !
Mhamed Arezki : On est contents de ce qu'on a fait et on veut que les gens y croient. Après, au niveau des audiences, c'est indépendant de notre volonté.
Combien de temps a duré le tournage ?
Mhamed Arezki : Pour trois épisodes, on tournait trois semaines en studio à Saint Denis et trois semaines pour les plans extérieurs en région parisienne... En tout, le tournage a duré environs six mois.
Où avez-vous puisé votre inspiration ? Auprès de professionnels de la police ?
Gabrièle Valensi : Nous avons eu une courte formation avec des pros, mais étant donné qu'on est de jeunes "bleus", nous ne sommes pas supposés être à l'aise, notamment dans le maniement des armes.
Mhamed Arezki : On ne peut pas nous reprocher de ne pas être crédible puisque justement on est des "bleus". Le seul personnage supposé bien connaître son métier, c'est Laura (jouée par Elodie Yung).
Gabrièle Valensi : Oui, Elodie a dû travailler quatre fois plus que nous.
Raphaël Lenglet : Elle a dû tuer des gens (rire général).
Quelle est la cible de la série ?
Gabrièle Valensi : Tout public ! La série couvre un éventail très large.
Raphaël Lenglet : C'est comme Tintin, de 7 à 77 ans. D'ailleurs c'était une des raisons du succès du pilote. Non seulement des gens de tous âges venaient, mais en plus ils restaient. Maintenant il faut marquer l'essai !
La série met en scène des conflits inter-générationnels. Comment s'est passé le tournage avec le reste du casting, les flics expérimentés ?
Gabrièle Valensi : On n' a rien de croustillant à vous raconter sur le tournage. L'avantage est qu'ils pouvaient nous filer un coup de main à certains moments, lorsqu'on avait des doutes.
Après l'échec de "L'Hopital" sur TF1, pensez-vous qu'il y ait une crise des séries françaises ?
Gabrièle Valensi : Non, si on ne l'enferme pas dans le plagiat systématique des séries américaines; ce qui n'est pas le cas des Bleus
Raphaël Lenglet : Moi j'ai pas vu L'Hôpital. Il parait que c'est un plagiat de Grey's Anatomy. Je pense que c'est pour ça que la série n'a pas marché. Les Bleus, par exemple, c'est les anti-Experts. Il n'y a rien de comparable; nous on n'a pas de blondes péroxydées, des Lamborghinis ou des machoires carrées. Il faut savoir que, tous les ans, trente pilotes sont produits aux Etats-Unis; très peu franchissent la barre de l'audience et encore moins celle de l'Atlantique. Alors bien sûr, le public est de plus en plus difficile parce qu'il voit des séries de qualité, mais...
Gabrièle Valensi : ...nous ne sommes pas trop maîtres de ça. La série s'appuie avant tout sur de bons scénarios, originaux.
À suivre : TOUT DE SUITE, LA SUITE !